Vers le Phare - Virginia Woolf

Publié le par Fab


 
L'histoire :

La trame de ce roman est assez simple. Les Ramsay sont en vacances dans leur maison familiale sur une île en Ecosse. L'un des fils, James, rêve d'aller en promenade au Phare. Cette expédition n'aura finalement lieu que dix ans plus tard et réunira James, sa soeur Cam et leur père. Entre temps, leur mère et plusieurs de leurs frères et soeurs les auront quittés.
 
Vers le Phare se découpe en trois parties de longueurs très inégales.
Toute la première partie (La Fenêtre), la plus longue, décrit la veille au soir de ce qui aurait pu être l'expédition au Phare.
La deuxième partie (Le Temps passe) décrit en quelques pages la maison laissée à l'abandon et le temps qui peu à peu fait son oeuvre. On apprend que Mrs Ramsay est morte, que la guerre a tué son fils Andrew, que sa fille Prue est morte en couches....
Dans la troisième partie (Le Phare), l'expédition a enfin lieu, mais la joie des enfants n'y est plus et c'est résignés et contraints que James et Cam accompagnent leur père, le seul à se montrer vraiment enthousiaste.

Mon avis :

C'est le premier roman que je lis de Virginia Woolf. Cela fait un moment que je voulais connaître cet auteur, à vrai dire depuis que Mylène Farmer lui a consacré une chanson ("Dans les rues de Londres").

La personnalité de Virginia Woolf m'intriguait. Une enfance tourmentée, une mère disparue trop tôt, un père à l'éducation austère... En proie à des crises dépressives, sentant la folie inexorablement la gagner, elle préfèrera se suicider.

Sans être profondément autobiographique, Vers le Phare contient de nombreuses références à l'enfance de Virginia Woolf. Mr et Mrs Ramsay ne sont autres que le reflet de ses propres parents, Leslie et Julia Stephen.

Virginia Woolf dépeint en profondeur les sentiments et réflexions de ses personnages, elle analyse remarquablement l'organisation de leur pensée.
Je n'avais encore jamais rencontré d'écrivains capables de décrire ainsi la complexité de l'esprit humain, le raisonnement qui se construit peu à peu et les réflexions qui viennent à nous dans telle ou telle circonstance. Virginia Woolf manie cela à la perfection et c'est vraiment ce côté-là que je retiens du roman.

Son style est certes un peu ardu.
Ses phrases sont sans cesse entrecoupées par le flot des pensées de ses personnages.
J'ai donc dû m'accrocher au départ pour suivre l'histoire et j'ai fini par m'habituer.

Je ne dirais pas que j'ai adoré ce roman. Il n'y a pas vraiment d'histoire et certains passages sont vraiment longs. Mais j'aime bien cette façon unique qu'à Virginia Woolf d'entrer dans la tête des personnages et d'analyser leur pensée.

Vers le Phare
est un roman assez court et qui donne une bonne idée, je crois, du style de l'auteur britannique.

Quant on a demandé à Virginia Woolf quelle était la symbolique du Phare, elle a répondu "rien".
Dans sa préface, Françoise Pellan estime que ce "rien" renvoie au vide, au manque que "rien" ne saurait combler : 
"Présenté d'emblée dans le récit comme un rêve d'enfant, le Phare désigne métaphoriquement l'inaccessible objet du désir."

"Le Phare ne s'atteint pas, non, mais il préserve du naufrage",
conclut Françoise Pellan.
Une bien belle image...

Note : 3,5 / 5

Lire un extrait de Vers le Phare.

Vers le Phare
, Virginia Woolf - Gallimard, 1996 - traduction Françoise Pellan.

Titre original : To the Lighthouse, 1927.
Autres traductions en français : La Promenade au Phare, Voyage au Phare
.
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Leeloo 20/01/2011 14:42


Mais ça a l'air intéressante, j'aime beaucoup les Phares!
http://livredephares.blog4ever.com/blog/index-456637.html


Loïc 19/04/2008 18:39

Je t'avoue que oui. J'ai envie de donner une seconde chance à cet auteur dont on a souvent dit qu'elle était un Marcel Proust féminin. Et je m'engage à peu de choses, le roman n'est pas très gros. (ce qui n'est pas le cas d'Ulysse de James Joyce que je n'ai jamais réussi à finir).
Donc, ça va sans doute le faire : je te tiens au courant !

( et puis il y a aussi le fait que la deuxième partie du livre où il est question de la maison laissée à l'abandon me tente bien).

Loïc 17/04/2008 22:03

Comme je te l'avais dit, j'ai stoppé cette lecture au bout de 50 pages. J'avais un gros soucis avec le style.
Mais je me pose la question (et je te la pose) : si 'vers le phare' est le même roman que 'la promenade au phare' (celui que j'ai essayé de lire), ça veut dire que ce sont deux traductions différentes ?
Et que donc, je pourrais avoir un sentiment totalement différent en lisant 'vers le phare' ?
Qu'en penses-tu ?

Fab 18/04/2008 14:14



Je n'ai pas eu entre les mains Promenade au Phare pour me rendre compte des différences de traductions entre les deux textes. Ceci dit, ce serait intéressant de faire l'exercice à
l'occasion...
Je ne voudrais pas te décevoir mais je pense que, même avec une autre traduction, le style de Virginia Woolf reste ce style inimitable.
Moi aussi, au début, j'ai eu du mal et je ne savais pas si j'arriverais au bout mais comme j'étais très motivée pour connaître un peu mieux cet écrivain, j'ai persévéré. Comme je le disais, j'ai
fini par m'habituer et à ne presque plus faire attention au style pour ne plus me laisser porter que par la pensée de l'auteur. Et je ne le regrette pas !
C'est sûr qu'il vaut mieux avoir autre chose à lire en parallèle pour les moments où on n'a pas trop envie de se prendre la tête !
Mais je sens chez toi comme une hésitation qui cacherait une grande envie de réessayer quand même ;-) alors pourquoi ne pas tenter avec cette traduction ?
Tiens-moi au courant !